C'est peut-être l'art haïtien le plus emblématique. Tout part d'un forgeron, Georges Liautaud (1899-1992), qui fabriquait des croix pour le cimetière de Croix-des-Bouquets, en banlieue de Port-au-Prince. Remarqué au début des années 1950 par le Centre d'Art, il invente un langage nouveau : la sculpture sur métal récupéré. Ses héritiers, les « bòsmetal », perpétuent depuis cet art au village de Noailles, qui compte aujourd'hui des dizaines d'ateliers. La technique force l'admiration : des bidons de fuel recyclés sont aplatis, dessinés à la craie, puis découpés et ciselés au burin et au marteau. De cette dentelle de métal naissent des arbres de vie, des sirènes, des soleils, des oiseaux — tout un imaginaire puisé dans l'histoire quotidienne et spirituelle d'Haïti. L'artisanat de récupération dans ce qu'il a de plus spectaculaire.